Venus : la fin d’un monde
Venus est mort.
Pas la planète, le groupe !
Après 10 ans de bons et loyaux services, un des plus beau et des originaux groupes de rock belge de la scène contemporaine vient de s'éteindre et son nom ne vous dit rien ?
Vraiment rien ?
Pourtant je parierais mon oreille droite que vous avez tous déjà entendu le morceau "Beautiful Days"… Utilisé dans les pub du Figaro et de la SNCF, le morceau avait également servi de end credits pour le film d'Enki Bilal "Immortal" faisant alors écho à des vers de Baudelaire.
Le concept du groupe qui s'articulait autour de Marc Huyghens (guitare, chant) était au départ simple : faire du rock en n'utilisant que des instruments acoustiques1. Un cadre si rigide est forcément un excellent support créatif, les thèses les plus osées étant (comme chacun sait) les plus défendables.
L'esprit à la création était très proche du Velvet Underground, baroque et gothique à la fois, rock et musique classique. C'est ce même esprit de défi qui poussa le groupe à utiliser un scénographe pour ses premiers shows2, à enregistrer un live symphonique3 qui ne fut joué qu'une seule représentation, à finalement ajouter une chorale, un orgue, puis finalement des guitares électriques sur le dernier album…

Si Welcome To The Modern Dance Hall4 est un courageux album rock (voir post-rock sur les longs Bass Shivering Bass, et Out Of Breath), le second, Vertigone5, commençait une introspection et un jeu d'humeurs plus chiadé, façon Radiohead ou Spiritualized. Le troisième opus (et donc le dernier) apparaît en 2006 avec force guitares électriques et distorsion. Un côté blues abrasif à la PJ Harvey prend ses quartiers et on nage en pleine noirceur.Le groupe est violemment rigide dans ses prestations millimétrées (pas un mot sur scène, uniquement des chansons), maîtrisant tout à tout instant, tout en se permettant de constamment réorchestrer ses morceaux. Les lives sont donc étrangement parfaits… et donc assez inaccessibles. Peut-être est-ce cette exigence du groupe qui le pousse aujourd'hui à faire sécession ?
L'annonce tombée le 28 Février dernier sur leur site officiel6 laisse un peu de déception quant au talent de Venus qui ne viendra plus flatter nos tympans. Heureusement, 10 ans de carrière auront laissé de jolis souvenirs, 4 albums majestueux, et un concert d'adieu le 23 mars à l'Ancienne Belgique de Bruxelles.
Ironie des mots, on retrouvera Venus sur la BO de l'adaptation du roman d'Anna Gavalda "Ensemble c'est tout" en ce moment sur les écrans.
Marc Huygens écrivait récemment "Everything that rises must converge"7. Sommes nous montés trop haut ? Nous venons de quitter l'attraction de la planète Venus.
- violon, contrebasse, batterie mélodique [retour]
- les rapprochant de l'univers théâtral comme l'avait fait Andy Warhol et Tom Waits avant eux [retour]
- The Man Who Was Already Dead, sorti en 2000 [retour]
- Lâché après leur premier EP par la major de Sony, BMG, le groupe sort ce premier album fin 1999 chez un petit label italien [retour]
- Sorti en 2003 sur la major EMI, c'est l'album le plus abouti du groupe [retour]
- www.venusmusic.be [retour]
- Litt. "Tout ce qui s'élève finit par converger" [retour]
27 août 2007 à 9:10
Oh ben non !!
Oh ben merde alors !!
En voilà une bien mauvaise nouvelle !
Leur concert au Ninkasi fut donc mon dernier. Je partage ton avis quant à leur prestation parfaite. Trop peut-être.
Sans doute Marc continuera-t-il tout seul ?