Take To The Skies : un neo nouveau metal ?

Impressionnant de puissance brute, et troublant par le choix de ses sonorités, Enter Shikari déboule sur la scène rock comme on monte à l’échafaud.
A la place du bourreau bien sûr.

Déployant un effrayant arsenal d’armes de distorsion massive, leur premier album Take To The Skies combine un Enter Shikari Bandnéo-métal kidnappé à Deftones ou Korn et des éléments de techno kitch (le sample de fond de Mothership) qui rappellent qu’on vit à l’ère de Klaxons et Cansei De Ser Sexy et toute la marée new rave. Comprenez des guitares en mur de barbelés et une batterie foret à percussion doublés sur une quatre voies par un clavier hérité de la trance des années 90, prêt à entonner le générique de ‘Champs Elysées’ ou Jump de Van Halen. Clouez par-dessus un chant hurleur, décapant et découpé, qui lui donnera l’étiquette de scream-core et lancez le cocktail dans une pénombre gothico-je-ne-sais-quoi pour voir monter les flammes.

enter shikari liveSi Linkin Park avait amené le DJ sur le devant du métal et que Korn et Deftones y avaient incorporé le chant rappé, on doit désormais à Enter Shikari de populariser ce chant hardcore rappelant le def metal des 90s (Labyrinth, Return To Energiser) et de rapporter les claviers du hard rock sans que l’on sache si tout cet exercice est ironique (Jonny Sniper penche drastiquement vers le rock en fuseau moulant) ou obscurément prophétique. D’autant que la production léchée relie les plages entre elles par d’excellentes transitions, et que l’album étonne par la complexité de ses compositions qui rappelle par moment l’inspiration rock progressif de Muse.
De belles surprises vous guettent comme la ballade Adieu, l’intro messianique de Today Won't Go Down In History, et OK, Time For Plan B qui lorgne vers la new wave. Un groupe forcené donc mais pas si facilement cataloguable.

Take To The SkiesLes petits anglais avaient déjà été applaudis par Kerang et le NME, deux piliers de la presse rock mondiale, alors qu'ils ne sont soutenus par aucune major. En effet, le quartet a simplement monté son propre label, Ambush Reality, qu'ils tiennent avec quelques potes, devenant ainsi la dernière coqueluche de Tony Wilson lors de son festival In The City. Mais reconnaissant qu'on à rien sans rien, ils ont signé chez Tiny Evil1 pour assurer leur distribution et tournée aux US.
Les voilà donc dégoupillés, prêt à faire des ravages dans la future scène métal des années 00.


  1. Un petit label qui tient surtout Jimmy Eat World. [retour]
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