Shaun Ryder : L’Haçienda Parano 9
Suite à la popularité des Black Grape, il y eut une reformation express et partielle des Happy Mondays. Au départ, Shaun y était radicalement opposé… jusqu'à ce qu'un contrôle fiscal ne le mette sur la paille.
Son divorce1 vint alourdir ses frais, achevant de le convaincre. On enregistra une reprise de The Boys Are Back In Town de Thin Lizzy, et une mauvaise version du superhit disco Stayin' Alive qui finiront
sur un nouveau best of, Greatest Hits. La tournée, minable, s'acheva avec le départ de Paul puis de Rowetta suite à de violentes dérives toxicomanes au sein du groupe. A peine un an, et le gang se re-séparent.
Et cela ne va pas mieux avec le nouveau millénaire. Suite à un litige, Shaun est poursuivi par le manager des Black Grape : on gèle ses comptes et ses droits d'auteurs servent à rembourser sa dette. Plus grave encore, quinze ans à gober des cachetons finissent par réclamer leur dû : Shaun Ryder perd la mémoire.
Durant une interview pour une biographie des Happy Mondays, Shaun
braque un flingue sur un journaliste qu'il accusait d'être trop opposés aux Mondays… D'accord, le flingue n'était pas chargé, mais ce n'était même pas le bon journaliste !
Son attitude grotesque fait de lui le bouc émissaire de toutes les blagues d'Angleterre : le 1er Avril, une radio annonça que Shaun devait participer à une reformation des Beatles en reprenant la place de John Lennon, ce qui le laissa perplexe. Contacté plus tard par le ténor anglais Russel Watson pour enregistrer une reprise de Barcelona2 Shaun pensa d'abord à une blague, avant de se retrouver effectivement en studio, pour un résultat douteux.
Dans l'espoir d'un peu de repos et d'une tentative de désintox, Shaun fuit en Australie chez son cousin : Pete Caroll, fan de la première heure et directeur du label de techno Off World
Sounds. L'occasion rêvée d'enregistrer son premier album solo. Ce sera Amateur Night in the Big Top. Pete programme et mixe3 des franges de beats électros, de basses grondantes, de sonorités spatiales et de cuivres égarés de la cantina de Star Wars sur lesquels Shaun freestyle à tout va.
Les longs morceaux (sept minutes en moyenne) qui supportent les improvisations de Shaun ont des saveurs d'electroclash (Northern Soul Brother), de trip hop (Murder et l'immense Long Legs) et surtout de dub (Clowns, sur le bizness de la musique) et lui offre l'opportunité de s'ouvrir. D'être tour à tour en colère (Clowns), confident (The Story), rêveur et nostalgique (In 1987). Un album matière, sans chanson proprement dite, mais avec du concentré de Shaun Ryder enfin libre. Libre de toute enclave technique ou mélodique.
Amateur Night in the Big Top sort en Septembre 2003, boudé par le public et rejeté par la presse. Grossière erreur. Mais Shaun s'en contrefout. Son vrai souci est toujours financier.
Par dépit, il reforme à nouveau les Happy Mondays
S'il ne fallait en garder qu'un :
Amateur Night in the Big Top n'est pas à prendre comme un album mais plutôt un voyage numérique. Et un bon. The Story qui commence le trip en est un parfait extrait.
- Il était marié avec Oriole, la fille du chanteur folk Donovan. Tous deux voyaient en lui et les Mondays « Les Rolling Stones des années 80 »… [retour]
- Titre culte chanté par Freddie Mercury et Montserrat Caballé aux J.O. de 92. [retour]
- La post prod sera en partie assurée par Stephen Mallinder, ancien du groupe indus Cabaret Voltaire. [retour]
- 4 octobre 2007
- Chroniques
- Tags : black grape, donovan, dub, electro, happy mondays, shaun ryder


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