Pixies : La playlist idéale
Pixies. Ce groupe définit presque à lui seul tout un courant alors qu'il avait déjà splitté quand ce courant prospérait. Seul précédent de ce type dans l'Histoire du rock : les Sex Pistols. Mais là où les punks de Londres étaient des initiateurs, les 'Boston four' démontraient plutôt le potentiel disponible de ce genre qu'on a appelé sobrement rock alternatif.
Débuté à la charnière américaine du hardcore et du glam metal qui jetaient respectivement de l'huile sur le feu à l'Est, et des paillettes sur les scènes de la côte Ouest, l'histoire des Pixies est celle de l'affranchissement définitif des années punk rock et new wave pour redonner au pop rock une nouvelle jeunesse, à la lisière des maisons de disques classiques.
La leçon punk apprise ("en minimisant à l'essentiel, tout devient possible"), Black Francis a composé autant de chansonnettes gorgées de sentiments violents. Une basse qui se réduit au rôle de rythmique, une guitare qui colore par touche, une batterie qui confirme les accents de la guitare acoustique, et le tour est joué. Songwriter négligeant la technique comme son premier hamburger, Black jouait tout sur la combinaison des quatre éléments de son groupes pour donner un sens à l'ensemble. Une cohésion nommée dynamique. Car ce que retiendra la postérité des Pixies c'est l'invention du loud-quiet-loud, start/stop, structures surpuissantes qui alternaient des parties violentes et des couplets plus pop.
Doté d'un panel d'influence aussi large qu'hétéroclite, puisant autant dans les Ramones, Hüsker Dü, et Iggy Pop que chez les Kinks, John Mayall, Violent Femmes et Talking Heads, aurait pu devenir un groupe college rock de plus. S'inspirer des anciens et faire du neuf, avec une touche de indie en plus. Mais Charles Thompson avait de l'ambition et une culture artistique qui le forçait à chercher plus avant, toujours en respectant la recette : simplicité/originalité/rapidité. Et cette vision l'a amené à envisager une évolution à contre pied de ce que la célébrité approchante suggérait, passant par une prod Lo-Fi à leurs débuts puis de plus en plus lourde. Résultat : rare sont les titres qui passèrent le cap des radios, et la dictature interne mise au service de l'ambition eurent raison du groupe.
Dix ans durant, leur nom fut cité par tous ceux qui firent les couvertures, mais ni la leader applaudie des Breeders ni le joufflu country-garage rocker ne le prononcèrent autrement qu'en serrant les dents. Alors quand on se rend compte qu'on connait plus le nom du groupe que ses titres, c'est qu'on est passé près d'un phénomène de la nature. Que le mythe a surpassé les faits.
Il fallu un Fight Club et Placebo pour invoquer le souvenir du défunt fondateur de rock des années 90. La reformation n'ayant donné qu'un ersatz de ré-interprétation, il est temps de se rappeler le meilleur des Pixies. Un best of longtemps attendu sortit, suivi depuis la tournée de reformation de deux autres, pour des résultats discutables. Voici ici un panaché un peu plus ouvert et bien mieux agencé c'est La playlist idéale1 :
1. Debaser
2. Gigantic2
3. Where Is My Mind?
4. Wave of Mutilation (UK surf)3
5. Caribou
6. Manta Ray
7. River Euphrates
8. Alec Eiffel
9. Mr Grieves
10. Nimrod’s Son
11. Planet Of Sound
12. Monkey Gone To Heaven
13. Something Against You
14. Into the White4
15. Down To The Well5
16. All Over The World
17. U-Mass
18. Bone Machine
19. Hey
20. Holiday Song
- La Playliste idéale : Que des grands morceaux, des singles aux incontournables des concerts, montés dans une playliste à l'enchainement calculé. A écouter n'importe quand, de toute façon elle ira très bien ! [retour]
- Version album s'il vous plait, on est pas là pour plaisanter. [retour]
- Ce titre au départ réservé aux Peel Sessions avant d'atterrir d'en une version plus stable (qui sera reprise sur la B.O. du teen movie Pump Up The Volume) en b-side de Here Comes Your Man. C'est bien sûr cette version que nous suggérons [retour]
- Les collectionneurs fanatiques pourront aller se procurer la version du live d'Utrecht 90 disponible avec l'ancien best of Death To The Pixies, qui a un tempo plus agressif et un solo Hendrixien des plus amusant. [retour]
- Version album plutôt que Purple Tape pour cette playliste, mais les fans de new waves pourront inverser. [retour]
- 18 juillet 2008
- Playlistes
- Tags : alternatif, independant, pixies, playliste ideale



1 sylvain
22 juillet 2008 à 12:07Hey, tu prépares un livre sur les Pixies ou quoi ???
Ou alors rebaptise ton blog Pixies.com aha
A+
2 Billy HP
22 juillet 2008 à 15:00Non, pas vraiment. D’une part parce que ceci n’est qu’une des chroniques que contient ce site (cf dM ici, ou Shaun Ryder là), et d’autre part parce que je crois que j’ai tout dit cette fois sur les Boston Four, non ?
Plus ce serait du fanatisme. Ardu.
3 sylvain
23 juillet 2008 à 8:48Ou l’ardu juste fanatisme.
4 Billy HP
23 juillet 2008 à 9:00Dis donc juliendoré.com, c’est fini, oui….