One Hot Minute : A la recherche du temps perdu 1

New York, 11 Septembre 2001 : effondrement fracassant du bloc de l’ouest. Los Angeles, 5 ans plus tôt jour pour jour : en balayant les ruines du grunge, on découvre que des survivants attendaient sous des décombres de punk et de funk. C’était la sortie de l’album One Hot Minute des Red Hot Chili Peppers.

Quelques années plus tôt, le guitariste John Frusciante annonçait à ses copains qu’il se retirait du jeu. Le succès de l’album Blood Sugar Sex Magik et notamment de ses titres Under The Bridge et Give It Away a propulsé le groupe jusqu’alors indépendant sous les feux infernaux des projecteurs du show-business. D’interminables tournées internationales avec la fine fleur de la scène grunge en première partie, aux caméras avides du monstre MTV, la pression mine l’ambiance potache qui boostait jusqu’ici le Piment Rouge.

woodstock 94Frusciante craque. La porte claque. Les Red Hot sentent venir la claque.

Le groupe se réunit et règle la question du remplacement après deux essais infructueux : leur pote Dave Navarro, guitariste du récemment splitté Jane’s Addiction, les rejoint des 1994, juste à temps pour faire, au pied levé, le Woodstock 94 Festival !

 

D’emblée un son différent s’impose dans le studio. Dans les vapeurs de delay et de wah-wah, des grognements en inox façon Led Zeppelin apparaissent. Good bye l’ambiance funky, Zappa et Gang of Four. Bonjour Jimi Hendrix et le son heavy, crunchy, truffé de bizarreries sonores à la Pink Floyd que Dave fait cracher à sa guitare et à son jeu de pédales d’effets.

Du coup, le groupe s’adapte. La basse virtuose de Michael ‘Flea’ Balzary s’offre un son gras et prend de l’aplomb, quittant les habituels slaps et descentes chromatiques. Jamais plus Chad Smith ne mettra autant à contribution sa grosse caisse. Même Kiedis abandonne les flow rap et ses hurlements de coyote (exception faite du final de Transcending).

Dave Navarro

Le funk se dissout dans un sombre rock auto-contemplatif et psychédélique (le titre éponyme One Hot Minute en est un bon exemple). Quelques égarements jazzy de la basse (Walkabout et Tearjerker) viennent parfois cacher la tournure grunge que prend le tout (dont l’excellent Warped qui ouvre l’album). On ne sait plus si c’est les Smashing Pumpkins qui tentent de faire du funk ou si les Red Hot lorgnent du côté des ballades de Nirvana. C’est comme si le studio de répétition où le groupe jam pendant des heures était soudain habité des fantômes du 27 Club1. Et pour cause, il n’y a pas que les pédales de Dave qui s’insinuent dans les âmes.

Ce sentiment de tristesse infinie qui ronge soudain les sémillants piments rouges vient de plus profond…

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  1. "Club" fictif constitué des idoles du rock au succès éclair et décédées encore jeunes. Janis Joplin, Jimi Hendrix et Jim Morrison en sont les membres les plus célèbres avec Brian Jones et Kurt Cobain. [retour]
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1 billy hp

2 mai 2007 à 8:25

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