Nimes Festival 22-07-07 : Lavés par le feu 1

Un festival c'est autant de personnes qui se déplacent chacune pour voir un groupe. Ce soir là, il y en avait trois. Et trois remarquables : Albert Hammond Jr en tournée pour son album solo en marge des Strokes, la révélation québécoise Arcade Fire reprenant une tournée interrompue pour raison médicale, et les Arctic Monkeys, nouvel enfant prodige du rock anglais porté au pinacle avec son second album cette année.
Rien que ça.

Tout le sel de la soirée était de savoir qui des trois était, sinon la tête d'affiche (Hammond figurait en non partant pour le titre puisqu'il n'offrait qu'une première partie de trente minutes), celui des trois qui remportait la préférence du public. On n'allait pas être déçu.

Sitôt monté sur scène, le groupe d'Albert Hammond Jr, toutes tignasses dehors, envoie valser les illusions. Tout ce que son album1 offre de Brian Wilsonien et ce côté vacances entre potes au soleil disparaît illico dans A. Hammond Jr liveun tourbillon Strokesien. Une partie rythmique efficace et dansante propulsé par trois guitares clinquantes. L'une volée à Pearl Jam, l'autre à Pavement, et la stratocaster de Hammond Jr fidèle à elle-même.On n'échappera donc pas au In Transit déjà bien connu des fans du quintet New Yorkais, le radiophonique Everyone Get's A Star et quelques autres du même acabit (Back To The 101 notamment), avant de quitter la salle sans discours ni adieux. Un show très pro, porté sans orgueil ni pression d'aucune sorte, qui recueille l'adhésion et le respect d'une salle pas encore tout à fait remplie.

Et là, la question importante revient : lequel des deux monstres va maintenant envahir la scène ? Sheffield remporte le titre au moment où les Arctic Monkeys prennent place.Arenes de Nimes

Le ton est vite donné : Ouverture sur The View From The Afternoon suivi de Brianstorm et Still Take You Home. Traduisez par « show puissant à prévoir, avec risque de crampes en fin de soirée ». Effet garanti. Un pogo avale la moitié de la fosse dès la première chanson et durera presque tout le set. Une chaussure s'envole à la verticale sur Brianstorm. Une baguette aussi. Et toute la salle danse sur le même pied pour If You Were There Beware.

Le groupe joue pro, concentré, applique une recette millimétrée à base de nitroglycérine sans trembler ni commenter, mais en conservant un demi-sourire qui en dit long. Le plaisir est au rendez-vous. Ainsi qu'une foutue énergie qui a tôt fait de ruisseler de leurs T-shirts. Car c'est ça la recette Arctic, un show dynamite qui envoie les morceaux par paquets (cinq, pour être précis, en à peine vingt minutes de live) sans desserrer les poings ou les mâchoires, sans violence irraisonné (on est bien loin des démolissions de Nirvana ou des exhibitions frénétiques des Stooges) mais au contraire avec une maîtrise que nombreAlex Turner live de leurs confrères pourrait envier.

On a trop dit que le groupe de Turner était statique. Croyez le bien, il n'y a qu'eux ce soir. Même les ingés derrière la console tortillent et headbangent !

Jouant parfois sur les saccades qui ponctuent leurs charges voraces, les Monkeys s'amusent à couper les morceaux en deux (un vide de presque une minute sur The View From The Afternoon !). Traînent sur des bridges ou au contraire enchaînent sans prévenir les directs au menton (Fake Tales Of San Francisco et Balaclava) qui rappellent le temps des syncopes des Pixies. Nous manipulent. Et c'est tant mieux car il est diablement difficile de profiter des textes du génie observateur qu'est Turner. De toute façon, Nimes est loin des briques jaunes de Sheffield. Un bon prétexte pour ces deux albions qui ont décidé de dresser les couleurs de l'Union Jack tout en haut de l'arène. Les Monkeys nous renvoient l'ascenseur en offrant les grands singles I Bet You Look Good On The Dancefloor, When The Sun Goes Down, et même Plastic Tramp, une b-side du tout récent Fluorescent Adolescent.

Arctic Monkeys live 2007

La bonne surprise du soir, c'est moins ce guitariste supplémentaire qui les rejoint pour deux titres que ce 505 triomphal. Le clavier rouge feu pousse de plaintifs accords que cisèlent les guitares de coups de langues agiles. Un moment de bravoure hélas un peu entamé par Alex qui éclate de rire alors qu'une fille lui montre ses attributs mammaires.
Il faut maintenant achever le travail, et c'est sur A Certain Romance que le quartet a décidé d'en finir, offrant saluts et merci très humbles.

Un digne comportement pour qui citent neuf fois sur dix les Strokes comme sa principale influence et se retrouve à jouer sur la scène même dont descend l'un de ceux-ci. Chapeau bas, du beau travail bien fait. Qu'ils en tirent en plus un sain plaisir est une bénédiction.

On se ramasse les uns les autres. La foule du premier rang se disperse. Besoin de se réhydrater. Après un show comme celui là, les organisateurs se trouvent obligé d'envoyer les Welcome To The Jungle des Guns'n'Roses pour ne pas perdre la mise. Ils pensaient avoir géré le plus dur à ce moment là. La suite allait leur prouver le contraire…

 

[ Setlist : 1 .The View From The Afternoon / 2. Brianstorm / 3. Still Take You Home / 4. Dancing Shoes / 5. From The Ritz To The Rubble / 6. Teddy Picker / 7. This House Is A Circus / 8. Fluorescent Adolescent / 9. Fake Tales Of San Francisco / 10. Balaclava / 11. Old Yellow Bricks / 12. I Bet You Look Good On The Dancefloor / 13. If You Were There, Beware / 14 . Do Me A Favour / 15. When The Sun Goes Down / 16. Leave Before The Lights Come On / 17. Plastic Tramp / 18. 505 / 19. A Certain Romance ]


  1. Yours To Keep. [retour]
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1 billy hp

25 juillet 2007 à 14:14

A noter quelques photos amateurs sur ce forum…
http://www.arctic-monkeys-france.com/viewtopic.php?topic=28&forum=4&start=60

Billy HP

2 billy hp

26 juillet 2007 à 13:49

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