Lettre ouverte à Rock&Folk

La lecture du constat pathétique des trois grosses légumes du disque qui trouvent 'pas gai' le piratage dans mon R&F m'a pour le moins troublé. J'avais encore sur l'oreille les paroles d'Iggy lui-même (Dieu bénisse le Pop) qui balançait récemment en réponse à PhilMan :
"So fuckinq what ? Hourrah pour les téléchargeurs !".

Le R&F dont les propos d'Iggy Pop sont extraits La première question qui me vint fût : de qui est-ce qu'ils se foutent ?

Soyons réalistes, faire faire des album deux fois plus longs à des artistes, c'est confondre un studio et un trottoir de Barbès. Je n'achetais plus de galettes que chez OCD depuis longtemps quand j'ai découvert Napster. Je vais à deux fois plus de concerts (et pas seulement des grosses pointures, mais aussi de tout petits labels) et je suis heureux d'acheter des CD autoproduits. Empêcher quiconque achète un cd de pouvoir aussi l'écouter sur son ipod par un fallacieux CopyControl c'est comme vendre une moto bridée ou coller "Fumer Tue" sur des clopes : a great swindle !

La vérité c'est que des ronds de cuir qui vivaient proprement sur le dos de brillants génies de la partoche ou de la six-cordes se retrouvent à bouffer chez McDo au lieu du CDFouquet's. James Murphy (LCD Soundsystem) s'en plaignait dans une récente interview dans Versus #11, les majors sont bourrées de types en costumes qui tournent en rond en se demandant à quoi ils servent.

Enfin, je ne vous citerais pas Arcade Fire et autres Arctic Monkeys à qui internet a profité, mais plutôt Joseph Arthur. Le folkeux arty fait une jolie carrière tout en diffusant, sinon ses albums, ses lives et divers inédits sur son site (de même que le vindicatif Anton Newcombe, qui file tout Brian Jonestown Massacre en ligne, reçoit des masses impressionnantes de petits curieux en concert).
Il va falloir accepter qu'on ne vendra plus 2 millions d'albums si ceux-ci font 14 titres et 55mn, et qu'on ne remplira plus les stades mais qu'on peut agréablement remplir de petites salles enjouées.Philippe Manoeuvre au bataclan

Le rock n'est pas mort (du tout). Mais son business aurait bien besoin d'un coup de Kärcher, lui aussi, et je crains qu'on se trompe de cible.

Rockement votre,
Billy HP

PS : "Tout ce qui peut détruire cette industrie nous intéresse." Iggy Pop

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