Le Rock a-t-il un sexe ? 2
Si l'on admet que le rock est autant un mouvement contestataire qu'un courant artistique, on peut se dire que le but de tout ce déballage de pulsion et de chairs était de faire jouer les mentalité dans le bon sens, celui de l'acceptation de la différence…
OK, cela marche bien pour nos copains des 60's et du début des 70's.
Mais je doute que les New York Dolls sous leur joli maquillage et sur de magnifiques plateform shoes ne visaient quoi que se soit d'autre que d'effrayer les bien-pensants.
Mais une fois les provocateurs et les militants écartés, que reste-t-il ? Les gays planqués et les obsédés prêts à tout essayer ? Bof bof. Pas reluisant tout ça.
Et puis une lueur de lucidité (méchanceté ?) vient nous caresser : et si c'était toujours le même, le méchant ? Et si les artistes ne se cachaient/exposaient/excitaient pas pour eux-même ou ce que leur précieux public peut penser d'eux… mais pour ce que leur major en pense ?
Tout prend alors effectivement un sens.
Les 70's vendent une star-attitude branchée à qui rien n'est inaccessible, même pas les moeurs les plus débridées1 que la star peut tenter à loisir et en revenir sur un claquement de doigts.
Puis les labels subventionnent le pavé punk dans la mare du show business, et la provocation utilise tout et n'importe quoi, des uniformes nazi aux robes de maman. Bien vite ceci est récupéré et mis à la portée de tous ; on trouve du punk rose fluo dans les boutiques et les night-clubs passent R.E.M., Frankie Goes to Hollywood et Queen mais attention hein, sans arrière pensée s'il vous plait.
Les gays se rangent au placard en silence.
Le mouvement rock independant s'éveille à l'aube des années 90 et combat furieusement les préjugés. C'est bien normal, l'alternatif, le grunge et le punk sont produits par des petits labels et MTV n'en diffuse que très peu2. Et avec l'avènement des scènes électroniques et techno, on a gentiment rangé le public (ou les consommateurs ?) gay dans une boite à part, rien que pour eux. Merci de n'acheter que ce qui est fait pour vous svp. Laissez la culture dans l'état où vous l'avez trouvé en arrivant.
Alors aujourd'hui, à l'époque où la culture gay s'affiche le mieux et qu'elle fait et défait les modes, que faut-il comprendre ? Qu'on nous a manipulé ? Ou bien que ceux qui font le rock profitent seulement de certaines périodes pour flirter "ouvertement" avec la sexualité ? Y a-t-il un rock gay et un rock hétéro ?
Je ne crois pas. Le Rock est universel - ne serait-ce que parce qu'il existe tant de styles de rock. Je pense seulement qu'il est plus simple de ne pas chambouler le public avec des idées qui, selon les époques, peuvent choquer ou tenter. De même que l'on ménage une hypothétique ménagère de moins de 50 ans que personne ne connaît pour la TV, on bride ou incite les artistes dans une voie pour limiter la prise de risque financière qu'ils représentent.
"Can't buy me love" disaient les Beatles, et le public achetait. Tout était dit.
- L'homosexualité l'était à l'époque, mais je pourrais autant citer Mick Jagger et ses sept enfants de quatre femmes différentes, dont certains hors mariage… [retour]
- Grunge excepté, puisqu'on en diffuse en masse mais seulement ceux des groupes qui ont été signés chez des majors [retour]
- 7 août 2007
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- Tags : beatles, grunge, house, mick jagger, new york dolls, queen, rock independant, sexe, techno


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