La production musicale : grosses guitares ou gros sous ? 2

Bon donc on a de jolies maquettes et on voudrait bien les transformer en joli CD. Ou bien on veut jouer ailleurs que dans le département et on ne connaît personne ailleurs.
Le groupe se tourne alors vers le manager et celui-ci vers un label.

Pourquoi un label ? Parce que payer le pressage qui sera assuré par une tierce entreprise, les déplacements aux quatre coins du pays, et trouver des distributeurs ou des salles nécessite d’avoir à la fois de l’argent (pensez également à la communication et auConstellation Records marketing qui permettra d’écouler les CD pressés) et de l’influence (ou des contacts influents).

Peu importe sa taille et sa structure1, un label c’est avant tout un éditeur, donc son métier est de rendre accessible un contenu artistique. Ici de la musique. Et un groupe.

En signant le groupe, le producteur2, c'est-à-dire le ‘responsable commercial’ en lien avec le groupe, s’engage à tout mettre enTony Wilson producer œuvre pour promouvoir le groupe et sa musique en échange d’une rétribution bien connue : les ‘royalties’3.
Ainsi le label assurera, en plus du pressage suscité, la promotion4, les déplacements nécessaires pour celle-ci et trouvera le tourneur si ce n'est déjà fait. De même, elle prendra en charge le coût d’enregistrement de l’album, bien qu'à ce stade on a généralement déjà enregistré un maxi cinq titres (à l'époque du tout numérique, les home studio sont choses faciles à monter) qui suffira pour démarrer. Parlophone labelLa gestion des droits (comprenez les rentrées d’argent) du groupe restant, elle, le domaine du manager.

Un intérêt, le groupe atteint un niveau supérieur de diffusion et de fait peut espérer, sinon vivre de sa musique, au moins la faire partager. Inconvénient, il se retrouve lié par contrat à fournir au label X albums et à tourner ici et là sur demande. Néanmoins le producteur a tout intérêt à ne pas « gâcher » l’opportunité que représente ce groupe. Mais s’il veut leur imposer un réalisateur artistique particulier, ou ne les faire tourner qu'en première partie de groupes locaux, c’est son droit. Et le groupe ne pourra que ronger son frein en attendant la fin du contrat.
Allez, encore quatre albums et c’est fini…

[La suite est par là]


  1. Un label peut en effet être une entreprise indépendante ou appartenir à un groupe plus large qui réunit différents labels à l'échelon international. Ainsi dans cette catégorie on trouvera aussi bien Un Dimanche, le label Grenoblois de Melk et anciennement de Rhesus, que PIAS, le label de Miossec U.N.K.L.E. et Soulwax. [retour]
  2. Cette fois-ci on parle d'executive producer. [retour]
  3. Là encore on peux utiliser en français le terme 'redevances' mais seuls les anglophobes convaincus se rabattront sur 'royautés'. [retour]
  4. Aujourd'hui elle passe quasi-systématiquement par faire des photos, une jaquette pour le CD, des flyers et des affiches etc. [retour]

2 commentaires pour “La production musicale : grosses guitares ou gros sous ? 2”

  1. » La production musicale : grosses guitares ou gros sous ? 1 - expressway to your skull dit :

    […] [La suite est par là] Les francophiles absolutistes parleront d’agent mais ce terme reste plutôt cantonné au cinéma… [retour]Ce que les anglophones appellent le ’support’, un mot transparent. [retour]Quand vous regarderez dans vos booklets cherchez à Sound Engineer… [retour] […]

  2. Didier Migault dit :

    Bonsoir,
    Lorsqu’un producteur, un label ou une personne quelconque paye la producttion d’un disque, à qui appartiens le résultat final ? c’est à dire chaque pistes et les titres de l’album ? C’est à dire qu’il finance tout, depuis les séances de studio jusqu’au mastering et la fabrication du disque…
    Merci
    DM

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