Joy Division : la Chrono-playliste

Quand on a tout juste vingt ans et qu'on assiste au concert des Sex Pistols, on a envie de découper le monde entier au rasoir. Mais quand on commence à lorgner sur les expérimentations artificielles de la Kraftwerk et du Dr. Bowie, on touche à tout autre chose. Quelque chose de froid comme un os et de tellement plus poignant…
C'est cette relique païenne et pourtant futuriste qu'a exhumé Joy Division, au péril de sa vie, tout au long de sa brève carrière.

Partis comme tant d'autres pour faire du "Sex Pistols", les mancuniens de Joy Division eurent d'abord une période punk aux solos de garage rock stoogien avant d'être rattrapésJD underground par leur fascination pour le travail plus sombre de Bowie, Brian Eno et Iggy Pop durant leur période berlinoise. Les tentatives électriques de redonner de la vie à cette musique qui se vidait de son sang et les textes néo-romantiques les éloignaient du punk pour ouvrir un nouveau champ de possibilités à la (future) génération gothique.

En 1980, le punk est mort mais ne le sait pas encore.

Souterrain et morbide, l'univers de Joy Division allait servir de tremplin (ou plutôt de plongeoir) à tous ceux qui voulurent par la suite fonder leur musique sur la mélancolie et le sentiment de mal être - et l'on trouvera sur cette route le grunge (Alice In Chains, Nirvana, Smashing Pumpkins), le post-rock1 (Mogwai, Godspeed! You Black Emperor, Radiohead), le rock gothique et le rock indus (Nine Inch Nails, Marylin Manson, Gravity Kills…) ainsi que divers electro-philes (Depeche Mode, Moby, Massive Attack).

Après Joy Division, on pouvait écrire toute la noirceur qu’on voulait ; Ian Curtis avait été le Virgile de cet enfer, et nul n’irait plus bas que cette âme en peine dans ce registre.

Deux albums, ce n’est pas trop lourd et le best of (Permanent) est assez bien fait, piochant même dans la compilation d'inédits et de B-sides que rassemble Still. Ceux qui aiment y trouveront donc vite leur bonheur. Mais pour découvrir et comprendre, voici…

La Chrono-playliste2:
1. No Love Lost
2. Novelty
3. Shadowplay
4. Transmission
5. Dead Souls
6. She’s Lost Control
7. Twenty Four Hours
8. A Means To An End
9. These Days
10. Isolation
11. Decades
12. Love Will Tear Us Appart
13. The Eternal
14. Atmosphere


  1. Genre musical qui se sert d'instruments classiques du rock pour des compositions qui n'en respecte pas les structures (sonorités déviantes, absences de riffs, mélodies dissonantes…). Assez proche dans l'esprit du krautrock ou art-rock, on retrouve dans ce courant tous les expérimentateurs de la guitare rock. [retour]
  2. Les grands succès du groupe dans l'ordre de leur composition avec quelques titres typiques de leur style de l'époque pour lier la sauce. Une playliste pour revivre une époque, pour comprendre une évolution, pour voyager le long d'une œuvre. [retour]
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1 Phae

20 juin 2007 à 5:59

Et quid de Bauhaus et The Cure ? :p
Sisters of mercy, Virgin prunes …
Christian death , Alien sex fiend yeah !

dis tu fais une excurtion du coté dark de la force ? ^^

2 billy hp

20 juin 2007 à 10:02

Disons que c’était évident pour tout cela (déjà évoqué Cure & Bauhaus dans la chronique elle-même, et Christian Death les Prunes et les Sisters entraient dans ce que je surnommais le courant Gothique de bon gré, non ?) que je n’ai guère eu besoin d’en reparler ici.

Merci quand même d’en avoir reglissé une louchée pour que d’autre puissent s’intéresser en particulier à ceux là, ces piliers du mouvement Goth.

Pour l’excursion dark, on aura peut être l’occasion d’y revenir mais pas tout de suite.

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