Joy Division - Ce que jouent les ombres 6
Depuis quelques temps, une journaliste Belge, Annik Honoré, s’est entichée du groupe et les suit partout, littéralement obsédée par Ian Curtis.
La bonne nouvelle c'est qu'elle travaille pour l’ambassade belge de Londres et arrange la venue de Joy Division à Bruxelles, leur offrant ainsi leur premier concert sur le continent. La mauvaise ? Ian en tombe irrémédiablement amoureux, plongeant le jeune papa qu'il est dans un noir dilemme.
Désir. Culpabilité. Amour paternel. Le tourbillon de sentiments rend les crises plus douloureuses encore. Pris de folie, Ian cherche à tout prix à faire taire ce chaos dans son ventre et se taille les veines.
En rentrant de l’hôpital, plus déchiré que jamais, il écrira Love Will Tear Us Appart. Le titre sera joué en avant première lors du second accueil radiophonique de John Peel. Et revoilà 4 titres enregistrés par la BBC sous la direction cette fois de Tony Wilson lui-même. Diffusées en Décembre Love Will… fera péter tous les audimats britanniques. La célébrité tourne la tête vers eux.
Le vice président de Warner Bros Records fait une offre claire : un million de dollar pour rejoindre son label. Rob Gretton refusera tout simplement. Galvanisé par cette marque de confiance, Wilson assure la tournée européenne de Joy.

Enorme carton chaque soir. Malgré le lourd traitement de Curtis le groupe n’y va en effet pas de main morte.1 Il n’est pas rare que les sets soient entrecoupés de pauses pour qu’Ian puisse reprendre ses esprits. Le public raffole de ces moments de pure tension où il s’agite, danse et râle dans la pénombre rendue indispensable par sa maladie et le danger que représentent les stroboscopes.
Côté rideau, on apprécie un peu moins.
Retour à la maison en Mars. Wilson offre à Sordide Sentimental2 le pressage d’un single en édition limitée : Licht und Blindheit rassemblera les fantastiques et antinomiques titres Atmosphere et Dead Souls. Dead Souls est lourd et violent et Atmosphere est éthéré et fragile.
C’est aussi ça le marketing selon Wilson : zéro interview, zéro pub, juste des concerts et une diffusion de la musique (fut-elle hasardeuse). Bizarrement, Factory perd de l’argent…
Avril 80. Un an après l’enregistrement des ‘plaisirs’, deux après le Stiff Records test. Joy Division entre à Britannia Row, le studio de Pink Floyd, alors même qu’explose partout dans le monde le phénomène The Wall. Ils y resteront enfermés pendant trois longues semaines.
S’il ne fallait en retenir qu’un :
Si le single Licht und Blinheit apparait comme un produit de moindre importance de par son format, c'est le pire leurre de l'histoire de Joy Division : les deux titres sont magistraux. Un seul ? Alors ce sera Atmosphere, où Ian semble pour un court moment libéré d'une pesante peine.
- On notera la performance d’Amsterdam en Janvier 80 où le groupe jouera 2 fois à 30 minutes d’intervalle pour palier à l’absence de 1ère partie ! [retour]
- Groupement français néo-romantique qui publiait des disques accompagnés d'un fanzine. Un collectif d’artiste en quelque sorte. [retour]
- 24 mai 2007
- Chroniques
- Tags : coldwave, pink floyd, punk, sordide sentimental, warner bros



1 billy hp
5 juin 2007 à 14:54Suite à une petite erreur, cette chronique était parti se perdre dans le rayon “Article”.
Rectifié ce jour, en espérant que vous aviez tous suivi le bon chemin…
Billy HP