Hier soir un producteur a sauvé ma vie : les gens du showbusiness 2

Vous le savez, l'industrie du rock comporte plus que des musiciens. Ceux qui entourent, conseillent et conduisent les aspirations de la crême du rock'nroll sont nombreux et on oublie trop souvent qu'ils sont pour beaucoup liés au succès (ou non) d'un artiste. Rapide panorama.

Nous continuons donc avec quelques producteurs "exécutifs" célèbres pour avoir englouti de l'argent dans des utopies plus que des succès et ont ainsi ouvert des èches là où il n'y avait parfois qu'une tendance vague.

Ivo-watts-russellIvo Watts-Russel travaillait dans la boutique de disque qui distribuait les albums du label punk Beggars Banquet. Derrière sa caisse il récupérait nombre de maquettes déposés par des groupes qui voulaient rejoindre le label, dont suffisamment de bonnes pour mériter d'être détourné vers son propre label : 4AD. Spécialisé dans une avant-garde dénotant, même en période post punk, Watts-Russel va développer la musique gothique et (partiellement) indus en signant Bauhaus et The Cocteau Twins ainsi que This Mortal Coil dans lequel il compose et joue, et donner une bonne avancée au rock independant grâce à Throwing Muses et aux Pixies…

Tony Wilson, l'homme qui a permis le développement du post punk en Angleterre. Un parcours un peu étrange il a démarré comme directeur du label Factory Records (qu'il a créé) sous lequel il signe et gère Joy Division et plus tard New Order et les Happy Mondays mais sans mettre le nez dans leur studio et donc sans interférer avec le son du groupe. Parallèlement il monte et manage d'autres groupes dont A Certian Ratio et TheDaniel Miller Durutti Column prenant leur carrière à pleine mains.

Daniel Miller, un anglais féru de punk et de musique électronique allemande qui allait monter le label Mute et y signer Depeche Mode, Erasure, Goldfrapp développant ainsi la synthépop et subséquemment le new wave. Mais on lui doit aussi d'avoir guidé le post punk sur la voix électronique et expérimentatrice de l'indus avec les groupes Einstürzende Neubauten, Throbbing Gristle, et Cabaret Voltaire…

David Geffen, l'ancien manager du supergroupe Crosby, Stills and Nash, créa Asylum Records en 1970 accueillant ainsi Bob Dylan, The Eagles, et Tom Waits.Geffen ce label allait donner un coup de frais sur la scène country folk qui donnait alors des signes d'essoufflement. Racheté (et écarté) par Elektra en 1975, il mit cinq ans à ouvrir Geffen Records pour permettre à John Lennon de sortir son dernier album (Double Fantasy). Grâce au savoir faire de Geffen, ce label devint le passeport pour le succès des groupes de rock alternatif qui acceptèrent de devenir mainstream : Sonic Youth, Nirvana, Guns'N'Roses, Blink 182… Le rachat de Geffen Records par MCA le rendit riche à milliards avant même d'ouvrir Dreamworks.In studio with Rick Rubin

Rick Rubin, guitariste punk un temps et DJ de Beastie Boys un autre, il est finalement devenu producteur pour le trash de Slayer, le hip hop de Run DMC (qu'il accoupla avec Aerosmith pour le duo Walk This Way), les Red Hot Chilly Peppers et System Of A Down… A la tête de la firme Columbia Records, il enregistra les derniers albums de Johnny Cash, peu avant sa mort, sur son label American Records. Un des hommes les plus influents de la planète en matière de musique, à la fois respecté et craint par les musiciens.

Et il y aurait tant d'autres de ces forgeurs de son que l'on pourrait citer ici… Leur influence n'a fait que croître avec le temps, suivant l'évolution technique des appareillages d'enregistrement (multipiste, studio numérique) et de diffusion de la musique (CD, mp3). Depuis l'émergence des musiques électronique, les producteurs sont définitivement un pivot de la musique, qui peut intégralement transformer l'oeuvre d'un groupe.
Comme on a pu le voir, si chaque poste est défini par ses objectifs propres, il est rare que les hommes qui les occupent ne débordent pas de ces fonctions là. Bien sûr, tous les producteurs sont des ingénieurs du son (bien que l'inverse soit moins vrai) ; mais la combinaison des autres postes existe également : Tony Wilson a été manager et producteur, Rick Rubin est producteur sur les deux tableaux, et on ne compte plus les producteurs qui sont musiciens en parallèle.
A quand le disque de Pascal Nègre ?

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1 aristidekurt

23 novembre 2007 à 10:11

quid d’exemples de groupes qui ont fait carrière (grande carrière?) sans producteur/manager hormis watts-russell? ou est ce finalement la condition sine qua non ou sine rock d’avoir son manager ou producteur?

2 billy hp

23 novembre 2007 à 12:01

Hélas, je me dois de botter en touche (tel un Wilkinson en T-Shirt noir et jean troué) : ce n’est pas là l’objet de cet article.
Une autre fois peut être, mais ici je cherchais à montrer que si on se souvient souvent de chansons par leurs artistes (je n’évoque même pas celles qu’on connait sans jamais savoir de qui elles sont) on néglige souvent la présence backstage de certains magicien techniques, hommes de réseau, financier passionné et aveuglé etc… C’était ici une sorte d’hommage à la va vite.

Personnellement je n’imagine pas Radiohead sans penser à Nigel Godrich, ou Metallica sans Bob Rock, bien que les deux aient existé sans ces gens là. Je reconnais qu’avec, ils envoyaient grave le bois comme dirait Zegut.

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