Hier soir un producteur a sauvé ma vie : les gens du showbusiness 1

Le rock avance parce que des hommes écrivent son histoire. Bien sûr ces hommes sont majoritairement des compositeurs ou des interprêtes qui, par leur chansons ou leur jeu, détournent ou inventent des courants au profit de nouveaux. Mais depuis l'aube du rock, d'autres personnes sont intervenues derrière ces morceaux ou ces ambitions pour les sublimer. Petit tour d'horizon de ceux-là.

De tous les acteurs du showbiz, les managers, sortent d'agents pour groupes, sont souvent les plus négligés. Pourtant il y en a eu qui, à leur époque, ont fait figure d'opposition aux idées reçues, ou ont su agir comme muse en amenant le groupe dans des conditions propices à la création…
Voici donc quelques managers qui ont fait plus que s'enrichir en trouvant des dates :

Peter Grant : après une brève carrière dans le cinéma cet anglaisPeter grant qui connaissait bien le milieu du showbusiness se vit offrir les rênes du groupe The Yardbirds devenu chaotique suites aux changements de personnel (dont le départ de Jeff Beck). On attendait de Grant qu'il leur permette de retrouver des contrats. En fait, il mena le groupe au split et aida son guitariste à former Led Zeppelin… Manager jusqu'à leur éclatement en 1980, sa politique visait à assurer tout le confort du groupe (paiement à temps, planning rassurant, concerts réguliers…) tout en veillant à ce que les choix artistiques soient en permanence entre leurs mains.

Robert "Rob" Gretton : manager de Joy Division, il amena ses membres à continuer sous le nom de New Order après le décès d'Ian Curtis, et à s'intéresser à la musique house qui émergeait alors à Chicago. Après une longue collaboration avec Tony Wilson, comprenant l'ouverture du nightclub The Haçienda, il finit par ouvrir sa propre maison de disque, leSugerman label Rob's Records avant de mourir en mai 1999.

Danny Sugerman, l'adolescent d'abord roadie des Doors devint rapidement un des meilleurs amis de Jim Morrison, finit par reprendre le management du groupe (lors du départ de Bill Siddons) car il était carrément devenu, de l'aveu de tous, leur force motrice. Il les encouragea en permanence, même lorsque Paul Rothchild abandonna la production suites à leurs choix trop blues à son goût de L.A. Woman. Plus tard, il devint le manager personnel d'Iggy Pop et mourut en 2005 d'un cancer du poumon.

A l'opposé des managers, les 'record producers" sont devenus desGeorge Martin pièces majeures dans cette industrie. Les plus innovant ont su donner aux groupes plus qu'une bonne prise de son, et au son plus de formes qu'on n'aurait pu l'imaginer :

George Martin est appelé le cinquième Beatles et cela suffit entièrement à le décrire. L'homme qui permit l'intégration de toute les fantaisies instrumentales (et techniques) dont rêvaient les quatre de Liverpool, vira leur premier batteur, écrivit les partitions qui leur passait en tête et ne savaient pas jouer, et bien d'autres choses encore. Ajoutons qu'il a été anobli en 1996 et qu'il avait signé lui même les Beatles et vous aurez compris sa vie…

Phil Spector 1964Phil Spector est l'incontournable producteur par excellence. Inventeur dans les années 60 de la stratégie sonore du 'Wall Of Sound' consistant à meubler les fréquences en utilisant des chambres de réverbérations, transformant ainsi un quartet de rock en orchestre symphonique. Toute la puissance possible sur un support mono, qui fait toute la différence avec les autres enregistrement. Ce génie de la réverbération inspirera notamment Martin Hannett qui accompagnera le passage du punk à l'electro.

Steve Albini est l'homme qui refuse d'être un producteur tout en transformant les répétitions de Nirvana, des Pixies, de Nine InchSteve Albini producteur independant et indépendantiste Nails, de Godspeed You! Black Emperor et de Dyonisos en lame de rasoir sonore. Génie technique, il disparait en cabine pour laisser les musiciens faire exactement ce qu'ils veulent, sans jamais les influencer, et rend leur son exactement comme ils le voudraient. Naturel, écorché et puissant sans chercher à placer la voix en avant ou un quelconque solo. Il refuse en général d'être crédité comme producteur et apparait comme simple ingénieur du son, refusant également les royalties de son travail.

Retournement de situation amusant des trente dernières années, les musiciens les plus créatifs se voient proposer de prendre les manettes pour l'enregistrement d'autres groupes que le leur… On pensera bien sûr à Brian Eno pour Bowie puis les Talking Heads et récemment Colplay ou à John Cale qui produisit les Stooges et plus tard les Happy Mondays après avoir quitté le Velvet Underground. Il ne reste aux managers qu'à enregistrer leurs compos…

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