Hidden track : Pour quelques secondes de plus… 1

Les plages cachées. Ces morceaux invisibles sur la jaquette qui démarrent pile quand vous vous êtes levé de votre fauteuil pour changer de disque. Et ces interminables hidden gap, poignées de minutes de grand blanc suffisantes pour vous faire croire que le CD s'est arrêté et là, surprise ! Vous vous payez une frayeur alors que retenti le morceau caché !

Voilà un phénomène typiquement rock. Y-a-t-il plus rebelle que ce rab' de bruit qui surgit sans votre aval, et qui reste inaccessible quand on veut l'écouter ? Les exemples de ce genre sont nombreux et répondent aléatoirement au doux noms de plage cachée, de morceau fantôme, ou de morceau pirate ce qui est joliment imagé.

Techniquement parlant il s'agit d'une méthode de mastering1 consistant généralement à laisser un long silence après le dernier morceau avant d'en commencer un nouveau sur la même piste. Un exemple connu étant la reprise en version mariachi du titre-single Pretty Fly (For A White Guy) de Offspring sur Americana, 1 minute 16 secondes après la fin de Pay The Man. Toute la subtilité étant de jouer la carte de la surprise. Par exemple, ne pas noter le titre sur le tracklisting au dos du CD et laisser l'auditeur le découvrir lui même. Une illustration marquante à ce titre est le terrible Endless Nameless, Nirvana In Uterobrutal rajout du Nevermind de Nirvana hésitant entre le thème des Dents De La Mer et la perceuse à béton. A l'inverse, on peut noter le titre, mais celui-ci ne correspond pas à une piste accessible depuis le lecteur. Ainsi Gallons of Rubbing Alcohol Flow Through the Strip2 est bien annoncé sur la jaquette, mais aucune plage 13 n'est disponible après All Apologies.
Allez, vous patienterez bien 20 minutes ?

Dans la même veine, on peut annoncer un morceau, lui donner une piste propre et directement accessible, et laisser malgré tout un long silence après un titre. Ce fut le cas pour X-Girlfriend de Bush par exemple sur Sixteen Stone qui part une pincée de minutes après la fin de Alien. Ce dernier n'étant pas noté sur les premières versions de l'album on peut se demander si X-Girlfriend n'a pas été ajouté tardivement au mastering, comme ce fut le cas pour le Gallons Of Rubbing Alcohol déjà cité, un jam ne faisant pas parti des sessions de In Utero devenu finalement un morceau à part entière. Alice In Chains DirtUne telle promotion méritait-elle un traitement à part ? Endless Nameless correspondait déjà à un mic-mac de mastering : prévu à l'origine comme titre final, il disparait des listes au moment du premier pressage de 50 000 exemplaires ; c'est suite à une boulette que le titre réapparait sur le pressage suivant au plus grand plaisir des fans3.
Plus vicieux encore, Alice In Chains4 réussit à planquer un morceau au milieu d'un album ! Alors que le tracklisting de Dirt annonce 12 morceaux, un intrus (connu sous le nom Iron Gland) vient se glisser entre la 9e plage (God Smack) et la prétendue 10e (Hate To Feel), décalant toute la suite puisque lorsque Angry Chair démarre (numérotée 12) c'est bien God Smack que vous écoutez. D'autres fois, il faudra lever le volume pour dénicher la pépite, Mudhoney Livecomme c'est le cas de Blow On A Jug sur Sabotage de Black Sabbath.

Chapeau bas enfin pour les grungies de Mudhoney qui touchent le fond (ou atteignent des sommets) avec leur My Brother the Cow dont la plage cachée, nommée intelligemment woC ehT rehtorB yM, n'est autre que l'intégralité de l'album (39 minutes) jouée à l'envers ! Heureusement, si ce morceau n'apparait pas sur le listing, c'est une piste indépendante, ce qui permet aux fans d'y accéder à tout moment… Les rééditions contiennent 7 chansons de plus (chacune longue d'1 minute en moyenne) mais le label n'a pas souhaité conserver woC ehT rehtorB yM. Etrangement.

[La suite est par là…]


  1. Le mastering est une phase de post-production suivant le mixage visant à préparer les titres (étalonnage, assemblage, correction, assemblage…) en vue du futur pressage. En quelque sorte c'est le passage des titres à l'album. [retour]
  2. La plage cachée de In Utero, toujours de Nirvana. [retour]
  3. Les sources varient du tout au tout sur ce point affirmant parfois l'opposé complet : Nirvana "cacha" cette plage sans en prévenir Geffen ; à la découverte du pot aux roses, le label l'aurait fait supprimé. Le mythe du rebelle, très probablement. [retour]
  4. Coutumier, le groupe de feu Layne Staley avait déjà dissimulé Love Song à la fin de son maxi Sap. [retour]
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1 theGoogIdea

3 avril 2008 à 0:23

il y a aussi les plages d’avant album qu’on ne peut recuperer sur une platine qu’en remontant avant la premiere plage en aretour acceleré car elles ne figurent pas non plus dans les titres
, vestige de mon adolescence :un morceau mix de plusieurs des chansons sur l’album FFF on ne badine pas avec la mort ou encore skunk anansie sur stoosh… si j’en ai connu d’autres pas le souvenir….

2 Billy HP

3 avril 2008 à 8:54

Bien vu en effet très cher.
C’est l’objet (entre autre) de la seconde partie de cet article. Ca et les origines et courants qui portèrent ce petit gadget.
On sens que vous avez fiévreusement fouillé vos cd sous tous les recoins…

3 niKo

3 avril 2008 à 14:06

Je crois me souvenir, dans le même ordre d’idée, que les 13 premières pistes de Follow The Leader, de Korn, sont vierges.

Je ne livrerai pas mon avis sur celles qui suivent :D

4 Billy HP

4 avril 2008 à 8:56

En effet, ceci pour la (bonne) raison que Follow… est supposé être la suite de Life Is Peachy qui s’arrêtait à la 13e plage.
Tout ceci est l’explication officielle. Pas forcément un encouragement à recommencer. SVP merci.
D’ailleurs en y regardant de plus près on voit que Life Is Peachy compte 14 tracks et 1 plage cachée (Twist a cappella) ; donc bon…

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