Heavier Than Heaven & About A Son : Kurt Cobain se lance dans le cinéma

Qu'est ce qui peut bien plaire autant aux producteurs hollywoodiens dans les biopics consacrés aux musiciens ? Une crainte que la télé ne remplissent pas longtemps ses objectifs financiers ? Que les grève reviennent perturber leurs échéanciers ? Ou un attrait pour une forme de légendes modernes. Quoi qu'il en soit, ils sortent lentement mais ils n'arrêtent plus de nous en prévoir.
Et c'est sur Kurt Cobain que portera le prochain. Surpris ?

Heavier Than Heaven la bio de charles crossHeavier Than Heaven, puisque c'est le nom du projet, s'appuie sur la même méthode que ses prédécesseurs en adaptant la biographie du même nom écrite par Charles Cross éditée en 2001 et dont Courtney Love a acquis les droits l'année passée. De même, la veuve Cobain prendra la place de co-productrice afin de garantir un certain réalisme. Des choix qui pourraient s'avérer un peu moins judicieux cette fois-ci :
Si les biographies précédentes (celle de Deborah Curtis pour Control, de Rita Marley pour le futur No Woman No Cry, et l'autobiographie de John R cash pour Walk The Line) reposaient sur des souvenirs objectifs, Heavier Than Heaven a souvent été critiqué pour avoir dramatiser les faits et (en l'absence de sources) purement imaginé les détails du suicide de Kurt Cobain, tandis que Courtney Love est connue pour entretenir (à l'image de Yoko Ono) la légende de feu son mari plus que pour sa volonté de clarifier les faits. Le possibilité que le film soit un peu enjolivé existait déjà dans le principe même du biopic qui n'est pas un documentaire mais bien une 'fictionnalisation', mais cette fois le risque existe que la carrière soit un peu fantasmé et Cobain glorifié.

Premier pas dans cette direction : Courtney Love a choisi elle même les comédiens potentiels du film, hésitant un temps sur Ewan McGregor pour jouer Kurt avant de choisir l'acteur canadien Ryan Gosling (récemment nominé aux Golden Globes). Quant à elle, la ledaer de Hole a jeté son dévolu sur Scarlett Johansson pour l'interpréter, en toute simplicité. Rien n'est confirmé pour l'heure mais Universal Studios commence déjà à compter.

Last DaysEt pour cause, la vie du leader de Nirvana est un sujet porteur. Bankable dirait-on aujourd'hui. Le public se souvient probablement de Last Days, la fiction inspirée des derniers jours de Kurt Cobain. Réalisé en 2005 par Gus Van Sant, le film avait su synthétiser l'ambiance lourde dans laquelle évoluait le chanteur guitariste en imposant une mise en scène axée sur l'esthétique avant tout. Les avis étaient très divisés, les fans soulevant les nombreuses inexactitudes quand d'autres applaudissait la poignante représentation de la star désorientée et moribonde.Kurt and Courtney dvd

Même débat sur le documentaire Kurt & Courtney de Nick Broomfield. Ce reportage qui s'intéressait particulièrement au prétendu complot visant à tuer Kurt Cobain, reste inachevé compte tenu des pressions exercées par Courntey Love sur les chaines MTV et BBC, principaux investisseurs du projet. Le résultat en terme d'enquête est pour le moins discutable, bien qu'il satisfasse nombre de fans en démolissant (et accusant) l'ex épouse, mais il reste néanmoins un excellent tour d'horizon de l'environnement social dans lequel évoluait Kurt Cobain.

La piste la plus intéressante cette année si situerait plus probablement chez Kurt Cobain : About a Son. Ce documentaire de AJ Schnack reprend à son compte la biographieKurt Cobain About a Son affiche Come As You Are: The Story of Nirvana de Michael Azerrad pour laquelle le journaliste avait partagé quelques vingt-cinq heures avec Cobain. Seule inconvénient de cette bio : avoir été publié six mois avant la mort de l'idole grunge. About A Son se composera donc d'un montage des propos de Cobain sur des images de Seattle, Aberdeen et environs.
Si le film n'arrivera sur les écrans qu'en Octobre (du moins, de l'autre côté de l'atlantique), sa bande originale elle est déjà disponible. Celle-ci propose une palette de groupes qui ont influencé Kurt Cobain, des plus colorées puisqu'elle inclus Melvins, Mudhoney et Mark Lanegan mais aussi Leadbelly et The Vaselines.

Mais il y a fort à parier qu'aucun de ces films ne cernera jamais complètement la complexité du personnage qu'était Cobain. Les mystères (réels ceux-là) de sa vie ont disparu avec lui, ne laissant que des mythes dont nous nous repaissons. Mais n'est-ce pas là le propre des légendes ?

3 commentaires pour “Heavier Than Heaven & About A Son : Kurt Cobain se lance dans le cinéma”

  1. niKo dit :

    Je reste sceptique quand au principe du biopic, il y a un coté glorification couplé à une dépossession du personnage de sa propre vie qui me dérange. J’ai trouvé Control nul à chier personnellement, j’en suis ressorti sans avoir entendu 1 seule fois les noms des autres membres de Joy D. Déjà, The Doors d’Oliver Stone m’avait passablement ennuyé.

    En revanche, l’idée de About a Son me semble se rapproché de The Future is Unwritten de Julian Temple, qui, pour le coup, était une réelle réussite. Des infos et des commentaires de Strummer inédits s’y trouvait. On n’avait pas la bête interprétation d’un fan de la vie d’un homme que l’on croit pouvoir comprendre et résumer au travers de l’analyse naïve des paroles de 2 ou 3 de ses chansons. Et puis surtout, surtout, on n’assistait pas dans ce film à l’hérésie qui consiste à faire singer par l’acteur principal les chansons originales.

  2. niKo dit :

    Ah oui, et aussi : Kill Your Idols

  3. Billy HP dit :

    La dent aussi dure qu’un transylvanien mais puisque c’est argumenté, je ne peux m’y opposer.

    Je n’ai pas trouvé Control nul-à-chier, pas plus que Last Days. Loin de là. Mais je reconnais que ce n’est pas aussi grand public que Ray. Dieu merci en fait. Encore une fois, il ne s’agit que de films, pas de docu. Surement pour cela que, en bon journaliste, tu attends de pied ferme (du même pied que votre serviteur) About A Son.
    Les biopics ne sont pas forcément mauvais ou trop “dramatized” pour reprendre le terme anglais qui signifie que le script est resté un moment sur la table de l’équipe des scénaristes. Mais il ne sont pas objectifs ; ce n’est pas leur travail.
    N’empêche, si je peux faire une croix sur le biopic de Kurt (tant de bêtises ayant déjà été dites/imprimées/filmées à son propos, hélas, hélas, trois fois hélas), je crains un peu pour le futur biopic sur Layne Staley. L’homme par qui le grunge est finalement reparti…

    J’avais raté le Julien Temple mais j’attends le dvd pour commenter quoi que se soit.
    Et merci pour nous remettre trois mots de Thurston Moore ici. En attendant que expressway.fr fasse peau neuve, je trouve que cela décore aussi bien qu’une panoplie de Halowe’en ou une guirlande de noël. Mieux en fait.

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