Festivals et concerts : le salle business 1
A ma droite, La Route Du Rock, 18 ans, breton. A ma gauche, Coachella Valley Music & Art Festival, 9 ans, californien. Mon premier est original et indépendant, le second est attendu et bankable. L'un est moribond, l'autre ennuyeux. Un seul survivra. The Holy Economic War.
Aperçu des deux combattants.
Malgré les 30 groupes en moyenne qui se répartissent sur les trois dates de la Collection Eté1, le breton tient une plaie large de 200 000€ de déficit au ventre et court le risque de mourir cette année. L'assassin ? Crédit m'a tué. La publication du cachet réclamé par les Smashing Pumpkins, atteignant 120 000€ soit près de la moitié du budget du festival, donnerait aux impulsifs des envies d'éclater quelques citrouilles.
Mais à Saint Malo on pointe du doigt les "mastodontes de l’économie spectaco-industrielle", ces multinationales du concert telles Live Nation qui visent à remplacer le marché du disque par un support moins volatile.
A la base, l'idée est bonne à plusieurs niveaux, à commencer par le fait qu'aucun concert n'est tout à fait exportable et donc pas piratable. Si le mp3 représente effectivement une réduction, compression plus exactement, de la qualité sonore, le dvd ne restitue d'une infime parcelle d'un spectacle (pas le sentiment de foule, pas d'odeur, pas la même perception du son) et un seul point de vue… De plus les artistes sont majoritairement enclins à faire des prestations live, créneau parfois dur à rendre pour certains (les musiques électroniques ayant un rendu discutable2, et les grosses productions rock requièrent un travail complet d'adaptation du répertoire pour la scène) mais qui représente le contact le plus évident lien avec son public (en dehors des innombrables journées de promo et dédicace).
Là où le bât blesse, c'est quand on réalise que les objectifs ont été mis très haut avec trois alternatives : augmenter le prix des billets au risque de placer une barrière pécunière au
public, viser des salles plus grandes pour rentabiliser au mieux chaque venue, et augmenter le nombre de dates en une tournée avant de passer à un autre artiste dès que les ventes ne justifient plus qu'on le fasse tourner.
La première solution ressemble étrangement à la décision d'augmenter le prix des albums quand le nombre de CD vint à réduire en le justifiant par un surcoût marketing, et a toute les chances de risquer le même avenir à l'époque où le public se satisfait d'indigentes musique en streaming et video on demand. D'autant plus qu'il est depuis peu couplé avec la seconde option, ce qui rend la musique, art populaire, moins accessible au plus grand nombre.
Reste la troisième possibilité qui garantit le minimum de risques pour la maison de disque mais repose sur l'absurde et contestable chiffre des ventes. En effet, qu'est-ce qui empêche de se déplacer pour voir un artiste en live sans avoir acheté son dernier album (et vice versa) ? D'autant plus vrai a une époque de téléchargement illégal fort. De plus ce système, s'il maximise les gains sur le papier (puisque se recoupent sur une même période fortes ventes de supports et prestations payantes), a toute les chances de briser la carrière d'un artiste à long terme ou du moins le contraindre à réenregistrer rapidement assez de matériel pour pouvoir (devoir ?) repartir en tournée.
Un excellent contre exemple est Idlewild qui n'a d'autre actualité que
la sortie de son best of il y a bientôt neuf mois et qui continue d'ajouter de sporadiques dates à une tournée virtuelle, jouant au gré de ses humeurs pour le plaisir des fans et de quelques organisateurs ravis d'avoir une (relative) pointure (britannique) pour entretenir le lieu. Récemment, Portishead, plus "pointure" et "d'actualité", a annoncé ne plus souhaiter donner de concerts cette année. La tournée reprendra l'année prochaine. Si tout va bien. Et si on invite encore de tels groupes dans des festivals de plus en plus mainstream…
D'ailleurs, est-ce bien la stratégie choisie par le corsaire de l'underground qui va lui coûter la vie ou la concurrence féroce ?
- Puisque depuis 2006, deux éditions annuelles de La route du Rock sont présentées, avec seulement deux jours pour l'édition hivernale. [retour]
- Tous ceux qui ont déjà assisté à un concert donné par un ou deux individus assis à une table avec un ordinateur posé devant eux savent de quoi je parle. [retour]
- 15 août 2008
- Humeurs
- Tags : festival, industrie, smashing pumpkins, tourneur



1 oliver twist
17 août 2008 à 22:53hello rockers en herbe brocéliandaise… St Malo ou l’histoire d’une indépendance à tenir mais diluée…Les breeders furent bien loin de leurs prestas passées et les soeurettes bien figées sur leur scène à la recherche d’un souffle qui ne vint jamais. Tindersticks englué dans des morceaux trop peu pêchus somme toute très orchestrés et riches mais n’ont pas su saisir le public, manquaient l’énergie ou un visuel peut être…Et dieu sait si ce groupe a du talent et fait partie de ma CDthèque. Un festival qui cherche son souffle (deuxième ou dernier souffle?jnsp) ou des groupes en mal d’authenticité scénique? Reste encore quelques irréductibles comme le Dour Festival en Belgique bien loin de Sony Ericson comme parrain et de groupes sur le retour bien peu performants. Ce secteur doit se réinventer rapidement faute de disparaître plus vite qu’un riff de slayer.
Kenavo.
2 Billy HP
18 août 2008 à 9:43Sympathique live report cher ami. Et il est triste de constater que même les festivals sincères deviennent moroses.
Et si c’était l’idée d’underground qui avait lassé ? Peut être qu’au tournant 1990 on avait ce besoin de se séparer d’une industrie omniprésente et envahissante, mais qu’aujourd’hui, à une époque de petiot réseau où chacun écoute ce qui lui plait, télécharge ce qu’il veut et en redécouvre seul autant qu’il en souhaite, cette volonté de bande-à-part n’a plus d’intérêt ?
Le mp3 va-t-il nous permettre de faire sauter ce verrou là ? De pouvoir aimer écouter autant Sonic Youth que Timbaland ? Girls In Hawaii et Cali ? Les indés et les produits de concours ?
Who knows… Qui vivra verra. Et croisons les doigts pour que la Route vive.
Ou pas ?
3 oliver twist
18 août 2008 à 21:58Ton analyse est très bonne sir HP, peut être qu’internet en pensant diffuser un maximum, à élargir les offres et les cibles a tué un tant soit peu la contestation et nivelé (par le haut ou le bas je ne sais pas) toujours est-il que l’atmosphere révolutionnaire des 90ies fille des 70ies s’est volatilisée et la contestation s’est noyé dans des verres d’heineken, des itunes et du music-marketing.
Le marketing n’est t-il pas que mensonge et le rock que vérité? (à l’origine), ou peut-on faire cohabiter une hyène et une panthère?
4 daouda diabate
2 mai 2010 à 20:27dear festivals
we are very happy to connecting with your organisation give the best alway for music live
that way we contact your organisation because we are a band of music living in africa and
propose aw service for different festivals and organisation
here aw web cite to know wath we do like music /http://diabate.ning.com/
you can see aw video of concert live in youtube you have to write in youtube
LA NEGATION DAOUDA DIABATE
thank you for your attention
daouda diabate