Eels : La Playliste idéale

Si les radios boudent Eels pour l'étiquette de groupe triste qu'il se trimballe, il n'existe pas de bonne raison à les imiter. Quiconque aime la sincérité du rock et l'imagination mise au service du songwriting ne pourra que découvrir des pépites dans le courant de l'onde pur où Mark "E" Everett (sur)nage.

Soulevez vous même le caillou, il y a anguilles sous rock.

Né de la vague de rock alternatif du milieu des années 90, au croisement des guitares grunge et des batteries trip-hop, Eels a su survivre à ces deux tendances en ajoutant du folk son moteur. S'il doit la célébrité à son premier album qui fut produit par le célèbre label Dreamworks Records, c'est bien à un véritable génie du songwriting qu'il doit sa longévité.

Nourri au folk rock façon Neil Young et Tim Buckley, chaque album revisite le style sous un angle différent, apportant une touche plus rock la où on attendait des ballades, ou au contraire une gaieté bucolique sur des chansons à textes mélancoliques.
Eels a france inter 2003 Ainsi, au travers des années, E a introduit dans ses compositions le rock abrupt Lo-Fi de Daniel Johnston ou John Parish1, le blues rock façon Muddy Waters (dont l'influence est palpable sur Shootenanny!) et les ballades folk traditionnelles de Léonard Cohen ou théatrales de Tom Waits (Blinking Light & Other Revelations). Mais également les inspirations symphonique et barroque d'un Brian Wilson (Daisies of the Galaxy) voire électroniques2.
Une formation changeante vient chaque fois offrir sur scène un spectacle à cent lieues des attentes, blindés d'instruments étranges qui rendent chaque tournée aussi inattendue et passionnante qu'un nouvel album. Ajoutez à cela des textes intimistes sur la difficulté d'exister dans un monde à la poursuite du bonheur, d'un réalisme tantôt naïf et souriant, tantôt dramatique et émouvant, mais toujours saisissant. Les textes dignes d'un homme qui n'a pas fini de revisiter l'histoire du rock.

Pas de best of à ce jour mais quelques live officiels franchement intéressants3 hélas en édition limitée4.
Notre playliste contient donc de quoi aborder cet homme-groupe par la face éclairée. Six singles, et autant de titres phares des concerts de Eels régulièrement utilisés dans les B.O. de films ou de séries. L'enchaînement offre un tour d'horizon traversant autant de montées lumineuses que de passages plus profonds, en essayant de rester toujours pop. Les morceaux franchement rock comme les ballades écorchées sont à découvrir par vous même.
E 2006 à l’orgue

La Playliste idéale5:
1. Mr E's Beautiful Blues
2. Novocaine For The Soul
3. Last Stop : This Town
4. Hey Man (Now You're Really Living)
5. Agony
6. Bus Stop Boxer
7. I Like Birds
8. Lone Wolf
9. Souljacker Pt. I
10. Flyswatter 6
11. My Beloved Monster
12. Mother Mary
13. Fresh Feeling
14. I'm Going To Stop Pretending That I Didn't Break Your Heart
15. Not Ready Yet

L'origine des morceaux (albums, live) complet se trouve sur ce listing.


  1. Le collaborateur habituel de PJ Harvey est également co-auteur de l'album Souljacker. [retour]
  2. DJing sur Last Stop : This Town, synthé samplé sur Bus-Stop Boxer, et plein d'échantillons bizarroïdes qui truffent ses morceaux, à commencer par My Beloved Monster. [retour]
  3. Le plus original étant Oh What A Beautiful Morning sorti en 2000 et le plus mature Eels With Strings : Live at Town Hall, un symphonique de 2006. [retour]
  4. Du moins pour la version CD. Fouillez bien iTunes et Fnac music.com pour dénicher ces perles en téléchargement. [retour]
  5. La Playliste idéale : Que des grands morceaux, des singles aux incontournables des concerts, montés dans une playliste à l'enchainement calculé. A écouter n'importe quand, de toute façon elle ira très bien ! [retour]
  6. Préférez une version live, n'importe laquelle fera l'affaire excepté la tournée "No Strings Attached" de 2006 qui rocke un peu trop pour cette playliste. [retour]
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