Depeche Mode : Le temps des constructeurs 7
En 1998 apparaît dans les bacs For The Masses, un album hommage qui réunit (rien que ça !) The Smashing Pumpkins, The Cure, Deftones (!) et Rammstein venant tous reconnaître, sinon une filiation, l’importance des petits gars de Basildon sur la musique alternative.
Andy Fletcher donne une conférence lors de laquelle il annonce l’édition du second best of du groupe (après Singles 81-85, voici donc Singles 86-98 avec en prime l’étourdissant Only When I Loose Myself) et une tournée spéciale Singles après 5 ans d’absence sur les planches.
Mais la reconsolidation prend plus de temps, et c’est en 2001 que sort Exciter. Le travail s’est fait cette fois-ci avec Mark Bell1 et rapproche dM du travail de Sneaker Pimps ou de Goldfrapp (à l’époque). Les atmosphères spatiales sont toujours là (le cardiaque When the Body Speaks), de même que certaines ambiances confortables (le chœur de Goodnight Lovers, Martin en crooneur blues sur Breathe). Les beats sont plus techno encore, au grand dam d’une certaine frange de fans qui lui trouve un côté facile. Mais c’est sans compter Martin qui apparaît avec une guitare acoustique dont il gratte quelques arpèges savoureux, ou couche du tremolo sur les beat les plus ardents. Ce n’est pas de la facilité, mais de l’actualité.
La reprise de Personal Jesus par le vénérable Johnny Cash en 2002 immortalise le groupe au sein de la culture US, et en 2004, l’hommage continue : les plus grands DJ (DJ Shadow, William Orbit, Adrian Sheerwood…) et groupes électro (Air, Linkin Park, Goldfrapp…) remixent Depeche Mode tout au long de 3 CD sur l’album Remixes 81/04 ! La reconnaissance définitive ! Pendant ce temps là, Martin enregistre la suite de son premier Counterfeit2. Fletch monte son label Toast Hawaii (et parraine le groupe Client). Dave enregistre ses propres compositions (auparavant refusées par Martin) sur l’album Paper Monster, et une tournée mondiale à la clé, achevant ainsi en quelque sorte sa thérapie…
Alors que faire quand on a 40 piges, 25 de carrière et 10 albums à la clé, qu’on est aussi expérimental que populaire, et le parrain de l’electro-pop ? Depeche Mode allait devoir se réinventer.
S’il ne fallait en retenir qu’un :
Si on considère Exciter comme un album mature et orienté grand public, si l'on s'autorise un peu de relache en ce qui concerne l'expérimentation et la volonté d'élargir la pop, alors allons-y franchement et laissons I Feel Love nous guider jusqu'au dance floor.
- Producteur anglais de Techno immortalisé par ses collaborations sur scène avec Björk (dont il gérait en temps réel les samples et les modulations de voix), Radiohead, et Laurent Garnier. [retour]
- Counterfeit² reprend cette fois Nick Cave, Iggy Pop, Brian Eno et Bob Dylan [retour]
- 12 mars 2007
- Chroniques
- Tags : depeche mode, DJ, electro, mark bell


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