Arena et Stadium Rock : plus grand, plus gros… meilleur ? 2
Dans la seconde moitié des années soixante-dix, une part du hard rock se radicalise en heavy metal. Les synthés ne sont plus l’apanage du progressif : le new age et le krautrock en ayant fait leur joujou, une part du progressif se tourne vers le jazz. Le reste doit s'adapter…
Les morceaux raccourcissent, s'appuient sur des rythmes plus réguliers voir dansants (Deep Purple tournant funky, Supertramp disco) les voix passent au premier plan comme dans la pop (Kate Bush),
évoque des thèmes hymniques (We Are The Champions). L'essentiel du mix arrondit les entournures par une dose massive de chorus. Ce son intermédiaire, disto aigüe et grosse batterie résonnante, voix hautes enrobées et claviers omniprésents (Meat Loaf), joue sur tout le spectre des fréquences sonore pour gagner en ampleur (Gary Moore, Parsienne Walkways) et couvrir les distances et les volumes des halls et arènes où ont désormais lieu les concerts, ce qui lui vaut son nom de Stadium Rock1. Et la recette marche.
Au tournant de la décennie, l'émergence de la British New Wave of Heavy Metal2 et la déroute de quelques pionniers
(Led Zeppelin, Deep Purple, Moody Blues) conduisent un public réticent au punk-rock à adhérer d'autant plus facilement à l’esprit lyrique et dramatique de ce nouveau rock ni trop hard ni trop expérimental. A la surprise générale des critiques, cet hybride prog/hard/pop devient rapidement populaire en radio (Hold The Line et Africa de Toto) et nombre de groupes découvrent la célébrité3 et les concerts sold-out. Devant les résultats faramineux, on déclina le procédé (production sophistiquée et médiatisation démesurée) sur de plus en plus de groupes n’ayant plus aucun lien avec les courants initiaux : Billy Idol, Dire Straits, Bruce Springsteen, U2, Police4… Ce fut un tournant définitif. Désormais, une tournée ne pouvait être que mondiale, un concert que gigantesque, un album forcément platine…
Au début des années 80, l'argent coule à flot. Soutenus par les rotations continues de la toute récente MTV, les One-Hit Wonder5 s'enchaînent (Eye Of The Tiger des Survivors) grâce à des clips aussi ambitieux que les shows d’autrefois et au talent de quelques producteurs (Trevor Jones, Steve Lillywhite…). Le succès est tel que l'on voit d'anciens membres de groupes défaits se rassembler en supergroupes réfléchis et profitables6, tandis que certains artistes tentent une échappée solo (Phil Collins, Sting, le producteur floydien Alan Parson).
Pourtant, en 1985, ce juteux filon commence à montrer son revers et lassés d’être exploités, des groupes se retirent ou, par culpabilité, détournent leur couverture médiatique à des fins politiques. Et c’est avec les participations au single We Are The World et surtout au gigantesque Live Aid, que ce mouvement amorce son déclin.
La popularisation du hard rock permit l'expansion rapide d'une nouvelle génération de metal à Los Angeles,
le Glam Metal qui reprit à son compte les concepts de power-ballads7 et des rock-show avec costumes, maquillage, et surtout coupes de cheveux… A l’opposé, d'autres stars plus pop et donc bien plus accessibles que des rockeurs bénéficièrent du traitement des lumières de MTV. Et comme un téléspectateur fidèle n'a nul besoin de se déplacer pour voir un concert qui sera tôt ou tard retransmis par son principal sponsor, cette période dorée (commercialement) du rock allait s'éteindre avec la décennie.
- Un terme très vague en vérité car les américain lui préfère Arena Rock, et n'est utilisé que comme une étiquette journalistique plutôt qu'un style proprement dit. [retour]
- Ce renouveau du Heavy Metal anglais (comme son nom l’indique) souhaitait appliquer les enseignements du punk au metal : jouer plus vite avec un son plus agressif, toute en conservant une technique supérieure. Judas Priest, Saxon, Iron Maiden en furent les emblématiques leaders. [retour]
- Dont Rumors de Fleetwood Mac, qui restera 31 semaines au top du Billboard après des années de galère. [retour]
- En 1983, Police retourne sur le ring de Shea Stadium pour un public de 70 000 personnes. [retour]
- Litt. Merveille d'un seul hit. Surnom des groupes ayant eu un single très réussi commercialement avant de disparaître. [retour]
- Les succès de Heat Of The Moment d' Asia ou de Urgent des Foreigner réunissent en fait autant d'anciens membres de King Crimson, Yes ou Emeron, Lake & Palmer. [retour]
- Ces morceaux mi-slow mi-hard, jouant la carte de l'émotion en s'appuyant sur de magistrales montées de batterie, s'ils étaient courants dans le glam metal, n'y était pas pour autant réservé : Still Loving You de Scorpions, Meat Loaf Anything For Love, Def Leppard Too Late For Love en étaient tout autant… [retour]
- 21 janvier 2009
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- Tags : genesis, glam metal, hard rock, mtv, NWOBHM, pink floyd, prog, queen, stadium rock



1 Oliver Touiste
3 février 2009 à 11:46Paradis perdu ou cauchemar circonscrit? finalement rien ne se perd tout se créé et tout se mélange!