Arena et Stadium Rock : plus grand, plus gros… meilleur ? 1
Si vous connaissez Wembley sans suivre le football Anglais, si vous situez aisément Money For Nothing et Born In The U.S.A. sans avoir un seul disque de Dire Straits ou Springsteen, si vous pouvez décrire le clip d'Another Brick In The Wall sans avoir vu le film de Pink Floyd, ce n'est pas un hasard. C'est tout un travail. Disons même un business. Celui du Stadium Rock, qui généra des superstars par dizaines entre 1982 et 1985 et pourrait même avoir des retentissements aujourd'hui.
Si on se souvient de la liesse des gigantesques concerts des Beatles dans les années 601 ou de Mick Jagger bondissant du haut d'un phallus gonflable sur un terrain de football en 1975, on ne pouvait pas encore parler de rock spécifiquement fait pour les stades, avec un son renforcé (rembourré même) pour palier aux des exigences techniques et publiques… et garantir des recettes auprès du (très) grand public. Et curieusement, c'est de l’évolution commune de deux styles singuliers et loin d'être mainstream que naîtra ce courant.
Bien que présent dans les grands festivals de la fin des années 60, le Hard Rock est longtemps resté limitée à une minorité bien circonscrite. Les solos distordus, murs d’ampli poussés à fond et chants criards ne faisaient ni le bonheur des radios ni les choux gras des disquaires. Pourtant au début de la décennie suivante, quelques groupes parvinrent à regrouper des masses de fans chevelus2 ; la fougue impulsée par des titres tels que Smoke On The Water ou Whole Lotta Love renforçant ce sentiment d'adhésion à un mouvement puissant et fondé.
Sensiblement à la même époque mais de l'autre côté de l'Atlantique, l'ambitieux courant Progressif qui tentait de s'écarter du schéma pop "couplet-refrain-couplet", peinait à être reconnu. Les structures étranges, généralement plus longues et
parfois dépourvues de refrain voire instrumentales, l'introduction d'instruments traditionnels (flûte, harpe, cordes et percussions…) ou modernes (Fender Rhodes, Moog, synthétiseurs) tarderont à se trouver un public d’adeptes de jazz ou de classique jusqu’à la sortie de The Dark Side of the Moon ou A Night At The Opera.
Ce fut souvent l’attrait de ces deux courants pour la scène qui leur permit de sortir de la masse : que ce soit Kiss ou Genesis, on retrouve à travers l’utilisation de maquillages, costumes, matériel de pyrotechnie ou lightshow reflètent la volonté de donner plus que de la musique à son public. Le problème étant que ces exigences scéniques étaient particulièrement onéreux : les nombreux instruments, amplis et intervenants3 coûtent cher à transporter et prendre en charge, Or ce qui avait marché pour Alice Cooper4 ou David Bowie posait la question de la rentabilité pour des groupes moins célèbres. Le choix mégolo de salles plus grandes impliquait de pouvoir les remplir…
Dès 1975 certains signes annoncent le changement : Alice Cooper sort un best of, Kiss
un premier live, et tous deux entrent dans le top ten américain ; l'année suivante Aerosmith prend la 3e place billboard avec Rocks prouvant qu'une demande existe pour le hard rock. En Angleterre, tandis que suite au départ Peter Gabriel, Phil Collins reprend les rênes et donne à Genesis une ligne plus pop au groupe, chez Pink Floyd, Roger Waters s’impose sur David Gilmour et redéfini la direction artistique. Ces deux changement sont couronnés de succès puisque A Trick Of The Tail devient 3e des charts et Wish You Were Here 1er. Bientôt ce seront Abacab et The Wall…
La suite est par là]
- Les Beatles posèrent le premier record en réunissant 55 600 fans au Shea Stadium de New York en Août 1965. [retour]
- Notoirement, Led Zeppelin se produisit devant 56 800 personnes au Tampa Stadium (Floride) en 1973. [retour]
- Ainsi que des line-up perpétuellement changeants résultant des dérives narcotiques pour le hard et, pour le prog, de problèmes d'égo et conflits de chapelles quant à telle ou telle technique, primordiale pour des musiciens se considérant comme des virtuoses pour le prog… [retour]
- Dont les albums School’s Out et Billion Dollar Baby avaient atteint respectivement la seconde et première place des charts. [retour]
3 février 2009 à 11:42
A quand Magma au stade de France? Les cheveux te poussent-ils de plus en plus long mon cher HP? Est-ce un retour aux fondamentaux, aux particules élémentaires? Finalement quoi de mieux que les flamands roses aujourd’hui? héhéhé…