2007, une Histoire du rock 2
Parlons maintenant de la musique elle même. Véritable empreinte dans le sol de la musique, la discographie 2007 donne une idée très nette du paysage musical contemporain. Dis-moi ce que tu écoutes, je te dirais ce que tu joueras.
Rapide résumé de ce qui devrait rester dans les catalogues de l’histoire.
Ouvrons avec les succès "pécuniers" de l'année, ceux que vous pouvez trouver dans tous les lecteurs mp3 : Life In Cartoon Motion de Mika inonde les radio de sa voix Mercuryenne et de rythmes Eltoniens, tandis le deuxième album de Amy Winehouse,
Back To Black, ressort la soul des placards façon Lauryn Hill. Moins intéressant en soi mais incontournable niveau chiffres, évoquons le pharamineux score du nouvel album des Eagles (le premier en 28 ans) et ses 7 disques de platines !
Côté rock proprement dit, le tiroir caisse a surtout été rempli par les productions des grosses pointures, telles Ben Harper, The White Stripes, Foo Fighters et Linkin Park, mais aussi le très controversé Scream, deuxième album 'traduit' de Tokio Hotel.
Les révélations des dernières années ont plutôt bien maintenu le niveau (Kaiser Chief, Maroon 5, Kings of Leon et The Killers), mais aucune ne réalisa la consécration populaire de Myths of the Near Future des Klaxons. Couronné par une floppée de prix1, ce premier album devint illico l'album phare de la vague new-rave. Novateur, péchu et populaire ! On n’avait pas vu ça au moins depuis Nevermind.
La vague indie rock continue de bien fonctionner et a même porté aux nues le Mercury Prize 2006 : Arctic Monkeys, dont Favourite Worst Nightmare, est déjà double platine. Persistance également des Babyshambles avec Shotter's Nation qui s'ajouta au remue-ménage (devenu habituel et plutôt contrebalancé par celui d'Amy Winehouse) autour de Pete Doherty2. De même, Arcade Fire a transformé l'essai de Funeral avec Neon Bible et une tournée auréolée de grands noms : Bowie, Springsteen, Bono…
Le maître Interpol par contre, s’est fait doublé au poteau par son disciple puisque Our Love To Admire, son troisième opus, a trouvé un moins bon écho que le second Editors, An End Has A Start. Deux autres albums ont également trébuché. D'abord le nouveau projet de Damon Albarn, The Good, The Bad And The Queen, pourtant musicalement réussi et pourvu d’un personnel surqualifié, n’a pas trouvé son public. Et puis le dernier Marilyn Manson, Eat Me, Drink Me, intimiste et moins metal que les précédents, il reçut un accueil mitigé. Le révérend Manson parle d'une nouvelle ère, considérant son précédent best of comme un "farewell" à ce qu'on connaissait de lui. Un artiste qui se régénère ne peut pas être une mauvaise chose, alors croisons les doigts pour ceux-là.
A ce sujet, nous signalerons le virage vers un rock plus "basique" pour Linkin Park sur Minutes To Midnight. La fin du néo métal aurait-elle sonné ?
A ranger dans les bonnes surprises, le come-back réussi des Happy Mondays, et celui discutable (puisque la formation originale n'est plus représentée) mais non négligeable des Smashing Pumpkins dont l'égal Zeitgeist rappelle que ce son existait bien avant Muse. Bonne nouvelle aussi, le retour du post punk virile et agressif des débuts de Nick Cave via son projet Grinderman, et la réunification des Stooges sur le soniquement controversé
The Weirdness. Hésitant également, le huitième album sans titre de Korn après un Unplugged critiqué, le départ de son batteur et d'un de ses guitariste (Head) et une grave maladie de sang pour le chanteur Jonathan Davis qui enchaîna tout de même avec une tournée solo.
Une des plus grosses surprises de l'année restera sûrement cette curieuse réapparition d'un rock entre psychobilly3 et punk gothique façon Nick Cave et The Birthday Party via le Strange House de The Horrors. Inattendu et diaboliquement efficace. Mais ce serait sans évoquer le coup d'éclat réalisée par Radiohead avec la mise à disposition en ligne de In Rainbows4 qui a marqué toute l'industrie et à ce jour le numéro des ventes britanniques.
Année chargée donc malgré une masse très ciblée (ce fameux rock independant qui reprend de belles couleurs) laissant penser que tout peut désormais arriver.
- Dont le Mercury Prize britannique, le NME, et un MTV Music Award. [retour]
- Dont un exil ordonné par voie judiciaire, et un concert avec les Libertines. [retour]
- Rock'n'roll entre country et garage inspiré des films d'horreur de série Z, immortalisé par The Cramps. [retour]
- Considéré comme un album de 2008 pour sa parution tardive en format CD (1er Janvier en Amérique et 31 Décembre dans la majorité des pays). [retour]
- 14 janvier 2008
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- Tags : 2007, arctic monkeys, editors, interpol, klaxons, marilyn manson, new rave, the horrors



1 buckshotgwen
14 janvier 2008 à 16:34J’ajouterai bien Panda Bear, The Besnard Lakes, Okkervil River, Turzi et The Walkmen à cette liste en précisant qu’il s’agit bien évidemment des seconds couteaux…
Pour les premiers de la classe un trio composé de Radiohead, The Coral et Arcade Fire me semble finalement faire de 2007 un sacré cru en dépit de l’impression diffuse de ne pas avoir reçu de véritables claques musico-sociologiques (Franz Ferdinand VS The Strokes VS The White Stripes).
En attendant les prévisions de 2008 de l’expressway, je tenais à partager avec ses lecteurs trois noms : Lightspeed Champion, The Teenagers et le miraculé Daniel Darc.
2 billy hp
14 janvier 2008 à 19:10Une précision : je ne cherche pas à établir de classement du cru 2007 (le net fourmille de ces choses là). Je me contente de faire un bilan. Qu’est-ce-qui a marché et qu’est-ce-qui marquera assez pour qu’on se dise “c’était en 2007 ça”.
Panda Bear, Besnard Lakes sont gens sont excellents au demeurant, de même qu’Animals Collective, We’re From Barcelona et bien d’autres. Mais je ne pense pas qu’ils ont été le truc mémorable de l’année. Justement peut être parce que (comme tu le reconnais toi-même) il n’y a pas eu une foutue claque cette année (autre à mon sens que Klaxons et The Horrors mais ils nous chatouillaient déjà l’oeille en 2006 si vous l’aviez tendue).
Qui sait, ils seront peut être la claque de 2008 selon ce qu’ils feront.
Enfin si on veut mon best of je vais y réfléchir et vous dire ça…
3 buckshotgwen
16 janvier 2008 à 17:38J’avais bien compris l’idée Monsieur Billy et pourtant essayé de ne pas faire de Top 5 (le syndrôme High Fidelity)… Mais les mauvaises habitudes ont pris le dessus
Néanmoins, j’atttends le florilège sonique de l’expressway avec impatience.
4 billy hp
17 janvier 2008 à 15:17Bon alors je lâche ici ma fav’list qui n’a d’autre intéret que de vous faire savoir ce que j’ai vraiment aimé (100% subjectif donc) mais qui n’est d’aucune utilité critique ou journalistique.
- Album favori : Favourite Worst Nightmare, de Arctic Monkeys
(écouté en boucle sans s’en lasser, si ce n’est pas ça aimer un disque… ?)
- Meilleur album : Neon Bible, de Arcade Fire
(inventif et profond sans pour autant devenir inaccessible du grand public pour la majorité des morceaux, pour moi c’est un coup de maître)
- Coup de coeur : Dysfunktional Unkle, de Happy Mondays
(je ne pensais pas à la première écoute que j’allais utiliser la touche repeat avec ce cd là, et encore moins le chanter dans ma douche et dans la rue…)
- Spécial coup de pouce : Satellites, de Hollywood Porn Stars
(un album excellent et accessible quasi unanimement évité par la presse. Injuste !)
Voilà. je me suis mis à nu. Vous pouvez lâcher les chiens…
5 niKo
14 mars 2008 à 10:56meilleur album de 2007: La réédition de Daydream Nation en deluxe évidemment!
pour la plus grosse déception en revanche, j’hésite entre l’escroquerie des Pumpkins et la fumisterie des Stooges
it’s better to burn out, than to fade away… ah, tiens, non en fait, parce que Chrome Dreams II est très réussi
Mon coup de pouce à moi: «Du pareil au même» des nantais de Justin(e), rien de nouveau, du punk-rock à la Zabriskie Point, mais bien fait
6 Billy HP
14 mars 2008 à 15:58Mon bon niKo, je vais être obligé de ne pas être d’accord pour une fois.
Une réédition (fut elle Deluxe, et fut elle -snif- de Sonic Youth) ne peut pas être considéré comme un ‘nouvel’ album. D’autant que les rajouts étaient souvent déjà disponibles à part (bootlegs auto édité par Sonic Youth qui n’aimait pas trop le mixage de Geffen….). Cela a un petit côté “cadeau bonux” pour vendre un peu de disque.
Les Stooges m’ont semblé moyen on stage mais l’album (malgré un son inhabituel) n’est pas si mauvais. A l’image d’ In Rainbows tant critiqué de Radiohead, je trouve qu’après quelques écoutes il ne s’en sort pas plus mal que certains album de la discog du Pop. Et puis ce son Albiniesque, c’ets tout de même quelquechose. même si il tend plus vers du Rapeman/Big Black que vers Pixies/Nirvana.
Billy Corgan a repris (comme Frank Flack tiens) son “nom de jeune fille” comme tu le disais toi même sur haut-courant, via les SP et franchement cela sonne tout de même mieux que du Zwan alors je n’ai pas de reproche à faire. Si son costume de scène peut être. Mais je trouve cela ni meilleur ni moins bon que les précédents.
Connais pas ce coup de pouce Nantais. Daignerais-tu le faire écouter en échange d’un bière fraîche ?
7 niKo
14 mars 2008 à 17:18rien de plus facile: taper myspace justin(e) dans big brother google. évidemment, il n’y a qu’une chanson du skeud, et pas la meilleure encore, mais bon. OK pour l’échange dans un bistrot moins numerique
pour le stooges, désolé, mais j’y arrive pas. Quand au son albiniesque, je le trouve meilleur quand c’est sur ses disques à lui qu’il le met en oeuvre. Tiens j’avais d’ailleurs oublié Excellent Italian Greyhound, qui est un des bons albums de 2007
j’ai trouvé the weirdness pauvre en composition, répétitif, trop metal et pas assez “Detroit” pour un album des stooges. Mais ceci dit, peut être effectivement meilleur que les dernier album solos de l’iguane
Corgan… effectivement, j’avais occulté l’épisode Zwan… no comment. Toujours est-il qu’avec ce Zeidtquelquechose, il prouve bien à quel point il n’était pas seul au sein des pumpkins. James Iha n’était finalement pas là en déco.
allez assez jouer, tu le sais bien que je pense que c’est in rainbows le meilleur album de 2007